Des promeneurs longent le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial après l'achèvement de travaux de rénovation, le 18 juin 2026 à Washington ( AFP / Oliver Contreras )
Bleu-vert, écaillé et infesté par les algues: les déboires du miroir d'eau du Lincoln Memorial à Washington n'en finissent plus de plomber un projet cher à Donald Trump, qui a accusé dimanche des "cinglés" de l'avoir "vandalisé".
Depuis sa rénovation, ce bassin emblématique de la capitale rencontre plusieurs problèmes. La peinture bleue apposée au fond du bassin --à grand frais-- s'effrite. Quant à sa teinte "bleu drapeau", elle a favorisé l'apparition d'algues qui ont rapidement proliféré.
Ces couacs ont ravivé les critiques autour de ce chantier estimé à environ 14 millions de dollars selon la presse américaine, confié sans appel d'offres public à une entreprise ayant déjà travaillé sur un club de golf du président.
Loin d'endosser la responsabilité de la situation, Donald Trump incrimine depuis samedi de prétendus "saboteurs", multipliant les messages sur son réseau Truth Social.
Des algues visibles dans le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, alors que les efforts de nettoyage se poursuivent là où la peinture bleue s'est écaillée, le 20 juin 2026 à Washington ( AFP / Ken Cedeno )
"Les travaux de réparation du bassin réfléchissant, gravement vandalisé, vont commencer immédiatement. Je viens de l'inspecter et je n'ai pu que me dire (...) +Waouh, qui a pu faire une chose pareille? Des gens malades, des détraqués!+", a déclaré le président américain dimanche.
La veille, il avait déjà déclaré sur Truth Social que la police des parcs nationaux avait "arrêté plusieurs individus pour avoir vandalisé le magnifique bassin réfléchissant de notre nation", avant d'insister quelques heures plus tard sur le fait que "de nombreuses autres personnes" avaient été arrêtées.
Le Service des parcs nationaux (NPS), qui s'occupe de la gestion de l'ouvrage, n'a pas confirmé à l'AFP ces arrestations ni la nature des activités de "sabotage" évoquées par le président.
Donald Trump accuse ceux qu'il qualifie de "vandales" d'avoir utilisé "une sorte de couteau ou de lame" pour entailler le bassin sur "une longueur de 250 pieds" (environ 76 mètres) et d'y avoir déversé "des produits chimiques corrosifs et destructeurs", sans pour autant apporter de preuves.
Algues
Parmi les personnes interpellées figure David Hearn, ancien athlète olympique qui a représenté les Etats-Unis en canoë en 1992, 1996 et 2000. Il a raconté au Washington Post qu'il faisait une sortie à vélo lorsqu'il s'est arrêté au Lincoln Memorial pour observer les travaux de rénovation.
Un déchirure dans le revêtement d'étanchéité est visible au fond du bassin du Lincoln Memorial, le 18 juin 2026 à Washington ( AFP / Oliver Contreras )
"J'ai tendu la main et j'ai pu saisir l'extrémité de ce morceau qui pendait, ce morceau qui s'écaillait déjà. Il était encore attaché au fond. Je n'ai rien retiré", a t-il expliqué.
L'homme de 67 ans affirme avoir ensuite été encerclé par deux militaires de la Garde nationale puis arrêté par des agents de la police des parcs pour dégradation de bien public.
Vendredi, un photographe de l'AFP a vu des ouvriers évacuer par pompage des fragments de peinture bleue ainsi que des algues vertes.
Pour tenter de redonner au bassin une eau cristalline, le NPS avait indiqué avoir déversé du peroxyde d'hydrogène, tandis qu'un système d'ozone par nanobulles a été déployé ces derniers jours.
Des canards nagent au milieu d'une prolifération d'algues dans le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, dont la peinture s'est écaillée, le 20 juin 2026 à Washington ( AFP / Ken Cedeno )
Selon le magazine The Atlantic qui a fait analyser des échantillons du bassin, ces traitements auraient paradoxalement favorisé la prolifération d'une autre espèce d'algues vertes, particulièrement agressive.
Malgré les efforts du NPS, le bassin de 610 m de long doit désormais être "vidé d'une grande partie de son eau afin de procéder aux réparations nécessaires", a écrit Donald Trump.
Un revers pour le président républicain qui affirmait encore en fin de semaine que "le problème serait bientôt résolu" et assurait début juin que les matériaux utilisés "pourraient durer cent ans ".

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